Fabien Gaillard

Fabien Gaillard, né en 1974 à Évreux, vit et travaille aujourd’hui à Montpellier. Sa pratique picturale se construit autour d’une recherche sur la matière, la mémoire et la relation entre l’intervention de l’artiste et les qualités propres du support.
Le bois occupe une place centrale dans son travail. Essences nobles ou bois de récupération marqués par le temps sont choisis pour leurs singularités. Veines, aspérités, nuances et traces préexistantes ne sont pas dissimulées : elles participent pleinement à la composition et orientent parfois le geste de l’artiste.
Fabien Gaillard privilégie des acryliques fines et des pigments qui pénètrent la fibre plutôt qu’ils ne la recouvrent. Par jeux de transparence, de superposition et d’imprégnation, la couleur révèle la structure du bois autant qu’elle la transforme. La peinture semble ainsi émerger du support, créant un dialogue entre matière picturale et matière végétale.
Son univers trouve notamment son origine dans une poétique du chemin, envisagé comme espace de passage et de mémoire. À cette notion répond la présence silencieuse des mégalithes et des pierres dressées, dont la monumentalité et la permanence nourrissent son vocabulaire formel.
Des formes monolithiques émergent ainsi de compositions plus fluides, confrontant la stabilité de la pierre au mouvement de la matière et du pigment. Plus qu’une représentation du réel, ces présences minérales deviennent des formes essentielles, presque archaïques, qui contrastent avec la richesse organique du bois.
Cette rencontre constitue l’un des fondements de son travail. La pierre évoque la permanence et une temporalité qui dépasse l’échelle humaine ; le bois conserve quant à lui la mémoire du vivant, de sa croissance et de ses transformations.
Entre ces deux temporalités, Fabien Gaillard recherche un équilibre : entre minéral et végétal, permanence et altération, maîtrise du geste et imprévisibilité de la matière.
Ses œuvres deviennent des territoires de passage où chaque surface conserve une part de son histoire.
À travers cette recherche, Fabien Gaillard développe une peinture où le support n’est jamais simplement le lieu de l’œuvre : il en devient l’un des sujets. Bois, pigments et formes minérales composent un langage plastique sensible, porté par une réflexion sur le temps, la trace et la relation profonde qui unit le vivant à la matière.










